Symbole de pureté pour certains, base neutre idéale pour les cocktails pour d’autres, la vodka reste l’un des spiritueux les plus consommés au monde, avec plus de 4 milliards de litres bus chaque année. Derrière cette “petite eau” se cache pourtant une impressionnante diversité de styles, de matières premières et de traditions de dégustation. Que vous aimiez la vodka glacée en shot, en cocktail signature ou dégustée comme un grand whisky, comprendre ses typologies et ses procédés de fabrication change radicalement votre expérience. En affinant votre palette, vous saurez distinguer une vodka de blé ultra-filtrée d’une vodka de pomme de terre crémeuse, choisir la bonne bouteille pour un caviar ou un Moscow Mule, et surtout la servir à la bonne température pour en révéler la complexité.
Définition de la vodka : cahier des charges, réglementation européenne et profils organoleptiques
Dans la réglementation européenne, la vodka est un spiritueux obtenu par distillation ou rectification d’alcools d’origine agricole, titrant au minimum 37,5 % vol. Elle peut être produite à partir de céréales, de pommes de terre ou d’autres matières premières agricoles, mais dès que la base sort du duo céréales/pommes de terre (par exemple le raisin ou le quinoa), cette origine doit être indiquée sur l’étiquette. Ce cadre vise à protéger une tradition tout en laissant de la place aux vodkas “modernes”. Sur le plan gustatif, la vodka se caractérise par une apparente neutralité, mais un palais entraîné perçoit des différences nettes de texture, de sucrosité et de finale selon la matière première et le niveau de filtration.
Sur le plan organoleptique, trois grandes familles se distinguent. D’abord, les vodkas très neutres, typiques du style occidental, pensées pour la mixologie et la discrétion aromatique. Ensuite, les vodkas “à caractère”, souvent d’Europe de l’Est, où le seigle, le blé ou la pomme de terre laissent une signature de pain, d’épices ou de crème. Enfin, les vodkas aromatisées ou infusées, où des fruits, herbes, épices ou produits laitiers transforment la dégustation en véritable liqueur. En pratique, lorsque vous cherchez quels sont les différents types de vodka, il est utile de croiser ces typologies réglementaires avec le style gustatif et l’usage visé : shot festif, dégustation pure ou cocktail.
La vodka n’est pas un alcool “sans goût” : c’est un spectre de textures et de nuances, du plus cristallin au plus gourmand.
Origines géographiques : vodkas russes, polonaises, nordiques et vodkas “new world”
Vodka russe traditionnelle : stolichnaya, beluga et protocoles de distillation
La vodka russe traditionnelle reste la référence historique. Le plus souvent issue de blé, parfois de mélange de céréales, elle cherche un équilibre entre pureté et caractère. Des marques comme Stolichnaya, Russian Standard ou Beluga reposent sur une distillation multiple (souvent 3 à 4 passages) et une filtration poussée, notamment au charbon actif. Beluga, par exemple, met en avant un temps de repos post-dilution pouvant atteindre 30 jours pour harmoniser l’alcool et l’eau. En bouche, vous obtenez généralement une attaque franche, une sensation de fraîcheur céréalière et une finale assez nette, parfois légèrement poivrée. Servie à 8‑10 °C et accompagnée de zakouski, la vodka russe prend alors tout son sens culturel.
Vodka polonaise à base de seigle : belvedere, wyborowa et profil aromatique céréale
En Pologne, la tradition du seigle est centrale. Des vodkas comme Belvedere ou Wyborowa montrent à quel point cette céréale peut être expressive. Le seigle apporte une texture plus nerveuse, avec des notes de pain chaud, de céréale toastée et une pointe épicée en finale. C’est un excellent choix si vous aimez sentir une identité marquée tout en gardant une grande buvabilité. Les vodkas de seigle polonaises sont souvent plébiscitées pour les dégustations pures à température de cave, mais aussi pour les cocktails secs comme le Vodka Martini, où leur relief aromatique évite l’effet “eau alcoolisée”. Dans une approche gastronomique, une vodka de seigle fonctionne admirablement avec le hareng, la charcuterie fumée ou des fromages affinés.
Vodkas scandinaves et baltes : finlandia, absolut, latvijas balzams
Les pays nordiques et baltes ont développé leur propre style. La Suède, avec Absolut, propose des vodkas de blé à la fois douces et très propres, distillées de façon continue et filtrées avec précision. La Finlande, avec Finlandia, mise sur l’orge et l’image de pureté des eaux glaciaires, pour un profil léger et citronné. Dans les pays baltes, comme la Lettonie, des producteurs tels que Latvijas Balzams conjuguent vodkas blanches et liqueurs à base de vodka, en s’appuyant sur une tradition de macérations d’herbes et d’épices. Ces vodkas conviennent particulièrement aux cocktails long drinks et aux highballs, où leur fraîcheur naturelle apporte de la verticalité sans dominer les autres ingrédients.
Vodkas “new world” : grey goose (france), tito’s (USA) et craft distilleries
Les vodkas “New World” regroupent les productions hors terroirs slaves traditionnels : France, États‑Unis, Japon, etc. Grey Goose, distillée en France à partir de blé d’hiver et d’eau de Gensac, a popularisé la notion de vodka “super premium” au style ultra-soyeux, très prisée dans les bars à cocktails haut de gamme. Aux États‑Unis, Tito’s Handmade Vodka, élaborée à base de maïs, illustre ce mouvement craft avec un profil légèrement plus doux et une communication centrée sur l’authenticité. À côté de ces géants, de nombreuses microdistilleries explorent des bases atypiques et une approche terroir. Pour un amateur curieux, ce segment est un terrain de jeu fascinant, à condition de regarder attentivement la transparence sur la production et le discours autour de la distillation.
Matières premières : céréales, pommes de terre, raisin et bases agricoles alternatives
Vodka de blé et de seigle : impacts sur la texture, sucrosité et finale en bouche
Les vodkas de blé dominent le marché mondial. Le blé apporte souvent une sensation de douceur, une attaque souple et une finale relativement courte, ce qui les rend parfaites pour les cocktails ou pour les palais débutants. Le seigle, à l’inverse, donne plus d’angles : une texture tendue, des notes de pain de seigle, de poivre blanc, et une finale plus longue. Pour affiner votre palais, une dégustation comparative blé vs seigle à température de cave est très pédagogique. En règle générale, si vous cherchez une vodka facile pour la mixologie, le blé est une valeur sûre ; si vous souhaitez une vodka de dégustation plus expressive, le seigle mérite votre attention, surtout sur les cuvées “single rye” ou “single estate”.
Vodka de pomme de terre : structure, gras en bouche et exemples comme chopin potato
La vodka de pomme de terre reste minoritaire en volume, mais très recherchée par les amateurs. La base tubercule confère une viscosité plus marquée, un “gras” en bouche et parfois des notes de crème fraîche, de pomme de terre cuite ou de noisette. Des références comme Chopin Potato démontrent à quel point ce style peut être gastronomique. Servie légèrement rafraîchie (6‑8 °C), une vodka de pomme de terre offre une présence tactile proche de certains rhums blancs ou gins non aromatiques. C’est une excellente candidate pour accompagner un plat de poissons fumés ou un dessert peu sucré à base de chocolat noir, surtout si vous appréciez les spiritueux à la texture enveloppante.
Vodka de raisin : cas de cîroc et particularités liées aux vins de base
La vodka de raisin, illustrée par Cîroc, repose sur une double distillation de vins de base, puis une rectification poussée pour atteindre le degré nécessaire. Même si la réglementation impose la mention de cette matière première, le produit final reste classé comme vodka. Le raisin apporte souvent une sensation plus fruitée, presque florale, avec une texture veloutée et une finale plus aromatique qu’une vodka de céréales très filtrée. Ce type de vodka séduit particulièrement en mixologie haut de gamme : Vodka Martini fruité, Sour à la vodka ou cocktails signature où une dimension “vinique” est recherchée. Pour vous, c’est un bon choix si vous venez de l’univers du vin blanc ou du cognac et que vous cherchez un pont gustatif vers la vodka.
Vodkas à base de maïs, quinoa, riz : innovations et positionnement premium
Au-delà des matières premières classiques, de nombreuses distilleries explorent le maïs, le quinoa ou le riz. Le maïs, largement utilisé aux États‑Unis, donne souvent une vodka plus douce, avec une pointe beurrée. Le quinoa, comme dans certaines vodkas bio françaises, apporte un profil légèrement noisetté et une image très premium, liée au caractère rare de la matière première. Le riz se retrouve dans quelques vodkas asiatiques, avec des notes délicates rappelant parfois le saké sec. Ces vodkas “alternatives” se positionnent fréquemment sur le segment haut de gamme, avec des prix supérieurs de 20 à 40 % aux références de blé standard. Pour un caviste ou un barman, elles constituent un excellent levier de différenciation sur carte.
Vodkas bio et “single estate” : traçabilité du champ à la bouteille
La montée en puissance du bio et du single estate touche aussi la vodka. Certaines maisons contrôlent l’intégralité de la chaîne, de la parcelle de blé ou de seigle jusqu’à la mise en bouteille, avec certification biologique et traçabilité détaillée. Au-delà du discours marketing, cela se traduit souvent par une meilleure maîtrise de la maturation du grain, donc une fermentation plus propre et moins de recours aux corrections techniques. En dégustation, ces vodkas offrent généralement une texture plus précise et une finale plus nette, avec moins de “chaleur” alcooleuse. Pour vous, si la responsabilité environnementale et la transparence comptent autant que le goût, ce segment mérite clairement votre attention, même si les prix d’accès restent plus élevés.
Procédés de fabrication : fermentation, distillation en colonne et rectification
Choix des levures et contrôle de la fermentation pour un alcool neutre
Tout commence avec la fermentation. La matière première (céréales, pommes de terre, etc.) est d’abord transformée en moût sucré, puis en “bière” titrant 6 à 10 % vol. grâce aux levures. Le choix de souches de levures robustes, capables de travailler à forte concentration alcoolique, est crucial pour limiter la production de composés indésirables. Un contrôle strict de la température (souvent 25‑30 °C) permet d’éviter la formation excessive d’esters lourds ou de fusel. L’objectif, à ce stade, n’est pas de créer un profil aromatique complexe comme pour un vin, mais de générer un alcool propre, facile à rectifier. Une fermentation maîtrisée réduit ensuite le besoin de filtrations agressives, ce qui préserve davantage la texture d’origine.
Distillation multi-colonnes (coffey still) et degrés de rectification
La plupart des vodkas modernes sont distillées en continu dans des colonnes de type Coffey still. Ces colonnes permettent de monter jusqu’à 95‑96 % vol., soit un alcool extrêmement pur sur le plan chimique. Plus le degré de rectification est élevé, plus la vodka sera neutre en termes d’arômes, mais plus il faudra ensuite jouer sur l’eau, la filtration et le repos pour lui redonner de la rondeur. Certaines distilleries artisanales préfèrent une approche hybride, combinant colonne et alambic à repasse, afin de conserver une part de caractère lié à la matière première. Pour un dégustateur, ces choix techniques se traduisent en bouche par un équilibre différent entre neutralité, texture et “personnalité” aromatique.
Nombre de distillations revendiqué (3x, 5x, 7x) et impact réel sur la pureté
Les mentions “distillée 3 fois”, “5 fois”, voire “7 fois” sont devenues de puissants arguments marketing. En pratique, au‑delà de 3 distillations bien conduites, le gain en pureté devient marginal par rapport à l’impact déjà obtenu. Ce qui compte vraiment, c’est la qualité de la première rectification et la maîtrise des coupes (têtes et queues). Une vodka annoncée “7x distillée” peut très bien être neutre mais sans âme, là où une vodka doublement distillée mais avec une très bonne filtration et une eau exceptionnelle offre un résultat nettement plus élégant. Pour vous orienter, mieux vaut donc considérer ces chiffres comme un indicateur de positionnement plutôt que comme un critère absolu de qualité.
Charbon actif, filtration à froid, quartz, diamant : techniques de filtration avancées
Après distillation, la filtration joue un rôle clé. Le charbon actif reste la méthode la plus répandue pour éliminer les impuretés et adoucir l’alcool. Certaines maisons pratiquent une filtration à froid, en abaissant la température pour précipiter les composés lourds avant de les retenir sur filtre. D’autres mettent en avant des filtrations sur quartz, argent ou même “diamant”, souvent plus pour la différenciation marketing que pour un réel impact mesurable. Bien conduite, la filtration doit lisser les angles sans “tuer” toute la matière. En dégustation, une vodka trop filtrée paraît parfois plate, tandis qu’une vodka insuffisamment filtrée laisse une sensation brûlante en finale.
Standardisation, réduction à l’eau déminéralisée et ajustement du titrage alcoolique
L’alcool rectifié sort de la colonne à plus de 95 % vol. Pour devenir une vodka de 40 %, il doit être dilué avec de l’eau (souvent déminéralisée ou de source). La qualité de cette eau influence directement la texture : minéralité, rondeur, perception de douceur. Après réduction, un temps de repos en cuve permet aux molécules d’alcool et d’eau de s’équilibrer, ce qui réduit la “morsure” en bouche. Le titrage final varie de 37,5 à 50 % selon les marchés ; en Europe de l’Est, les vodkas à 40 % restent majoritaires. Une standardisation rigoureuse garantit que vous retrouverez, d’une bouteille à l’autre, le même profil organoleptique, une attente fondamentale des consommateurs réguliers.
Une grande vodka, c’est avant tout une rencontre réussie entre un alcool rectifié propre et une eau d’exception.
Typologies de vodka : pure, aromatisée, infusée et premium ultra-filtrée
Vodka neutre “standard” : usage cocktail et références de grande distribution
La vodka neutre standard constitue le cœur du marché, en particulier dans la grande distribution. Souvent produite à partir de blé ou de mélasse de betterave, distillée en colonne et filtrée au charbon, elle vise la discrétion aromatique. C’est le choix logique si vous cherchez une base pour des cocktails comme la vodka-orange, le Sex on the Beach ou un simple highball vodka‑tonic. Sur ce segment, l’enjeu principal est le rapport qualité‑prix et la constance. Pour un usage exclusivement en cocktail, il est souvent inutile de viser un niveau super premium : une référence honnête, propre et bien équilibrée suffit largement.
Vodkas aromatisées industrielles : citron, vanille, fruits rouges et sucre ajouté
Les vodkas aromatisées industrielles ont explosé depuis les années 2000, notamment en clubbing. Citron, vanille, caramel, fruits rouges, coco : les profils sont pensés pour des palais jeunes et pour des cocktails simples. Techniquement, il s’agit le plus souvent de vodka neutre à laquelle sont ajoutés des arômes naturels ou de synthèse et du sucre. Le taux de sucre peut atteindre plusieurs dizaines de grammes par litre, ce qui rapproche ces produits d’une liqueur légère. Pour vous, ce type de vodka est pertinent dans un contexte festif, mais moins adapté à la dégustation pure sérieuse, où la charge sucrée et aromatique masque complètement la base alcoolique.
Vodkas infusées artisanales (nalewka, nastoïka) : macération de fruits et épices
À l’opposé du spectre industriel, les traditions de nalewka en Pologne ou de nastoïka en Russie reposent sur de véritables macérations artisanales de fruits, d’herbes et d’épices dans de la vodka ou un alcool de grain. Cerise, cassis, miel, piment, herbes sauvages : les possibilités sont infinies. Ces préparations, souvent réalisées à petite échelle, offrent une complexité aromatique bien supérieure aux aromatisations standardisées. Servies en petits verres à température ambiante ou légèrement rafraîchie, elles se marient très bien avec les desserts, les fromages ou certaines charcuteries. Si vous aimez les amari italiens ou les liqueurs de plantes, ce style de vodka infusée artisanale mérite une vraie exploration.
Vodkas premium et super premium : beluga gold line, crystal head, belvedere single estate
Le segment premium et super premium se caractérise par des matières premières sélectionnées, des distillations maîtrisées, souvent moins nombreuses mais plus précises, et un travail poussé sur l’eau et le repos. Des cuvées comme Beluga Gold Line, Crystal Head ou Belvedere Single Estate affichent des prix élevés, justifiés par une production limitée, un packaging luxueux et un storytelling soigné. En dégustation, vous obtenez généralement une grande finesse, une texture presque huileuse, une absence de brûlure et une finale longue mais douce. Pour une expérience de dégustation pure, service à 10‑12 °C dans un verre tulipe, ces vodkas montrent à quel point ce spiritueux peut rivaliser avec les grands whiskies ou cognacs en termes de précision.
Vodkas aromatisées salées et gastronomiques : vodkas au poivre, au raifort, à la truffe
Une tendance intéressante, portée par la haute gastronomie et certains bars à cocktails, concerne les vodkas aromatisées salées ou umami : poivre, raifort, estragon, aneth, truffe, caviar. Ces vodkas sont pensées comme de véritables condiments liquides, destinés aux accords mets‑vodka ou à la mixologie culinaire (Bloody Mary gastronomique, Dirty Martini à la truffe, etc.). La réussite de ces produits repose sur un dosage précis, car l’équilibre entre la base neutre et l’aromatisation doit rester harmonieux. Utilisées avec parcimonie, elles peuvent transformer un accord avec des huîtres, un gravlax ou un carpaccio de Saint‑Jacques en expérience mémorable.
Techniques de dégustation de la vodka : température, verrerie et analyse sensorielle
Service glacé vs température de cave : gestion de la volatilité aromatique
La question “faut‑il servir la vodka glacée ?” revient sans cesse. Le froid intense (congélateur à –18 °C) épaissit la texture et atténue fortement la perception de l’alcool, ce qui la rend plus “facile” en shot, mais réduit aussi le spectre aromatique. Pour une vodka standard ou une vodka aromatisée sucrée, ce service glacé peut être agréable. En revanche, pour une vodka premium ou une vodka de dégustation (seigle, pomme de terre, single estate), une température de 8‑12 °C est bien plus adaptée, car elle laisse s’exprimer le nez et les nuances de bouche. À température ambiante, la puissance alcoolique devient plus présente, mais l’éventail aromatique atteint son maximum, ce qui est utile pour une analyse critique.
Choix du verre : shooter, verre INAO, tulipe de dégustation et impact sur le nez
Le récipient utilisé influence beaucoup votre perception. Le verre shooter classique, étroit et droit, est conçu pour le “cul sec” et limite la mise en valeur du nez. Pour une vraie dégustation, un petit verre tulipe ou un verre type INAO est bien plus pertinent : le col resserré concentre les arômes, tandis que la base permet à la vodka de s’aérer légèrement. Certains producteurs proposent leurs propres verres dédiés, mais l’important est d’avoir un volume modéré (2,5 à 5 cl) pour garder le contrôle de l’alcool. En contexte de repas, un service en petits verres rechargés régulièrement permet d’accompagner chaque plat sans surcharge.
Grille d’analyse sensorielle : limpidité, nez, attaque, milieu de bouche, finale
Pour analyser une vodka comme un professionnel, une grille simple peut servir de repère :
- Limpidité et viscosité : aspect parfaitement limpide, jambes plus ou moins marquées selon la matière première.
- Nez : intensité (faible à moyenne), notes de céréales, d’herbes, de fruits blancs, de poivre, ou absence notable d’arômes.
- Attaque : impression initiale en bouche, douceur, chaleur, brûlure éventuelle.
- Milieu de bouche : texture (soyeuse, crémeuse, aqueuse), développement aromatique.
- Finale : longueur en secondes, pureté, retour épicé ou sucré, éventuelle lourdeur.
En reprenant systématiquement cette grille, vous affinez votre capacité à différencier une vodka de blé industrielle d’une vodka de seigle artisanale ou d’une vodka de pomme de terre premium, et vous pouvez mieux expliquer vos préférences.
Accords mets et vodka : caviar, hareng, saumon gravlax, zakouski russes
La vodka excelle sur les produits salés et iodés. Avec le caviar, une vodka nature, non aromatisée, légèrement rafraîchie, souligne le gras et la salinité sans les écraser. Sur un saumon gravlax ou fumé, une vodka de blé neutre apporte de la fraîcheur, tandis qu’une vodka de seigle ajoute une dimension épicée qui rappelle l’aneth ou le poivre. Les harengs, cornichons, choucroute et autres zakouski russes trouvent dans la vodka un partenaire idéal : l’alcool fort nettoie le palais entre chaque bouchée. En dessert, une vodka infusée (cumin, caramel, coco) peut accompagner une glace ou un fondant au chocolat, à condition de bien gérer la température de service pour garder de la vivacité.
Méthodologie de dégustation comparative : flights de vodkas de blé, seigle, pomme de terre
Pour progresser, une dégustation comparative en “flight” est très efficace. Installez, par exemple, trois verres de 2,5 cl : une vodka de blé, une vodka de seigle, une vodka de pomme de terre, toutes à 10 °C. Observez d’abord les différences de viscosité en faisant tourner les verres, puis comparez les nez en cherchant les notes de pain, de crème, de poivre, de fruits blancs. En bouche, concentrez‑vous sur la texture et la finale. Cette approche met en évidence des contrastes que vous ne percevriez pas en dégustant ces vodkas isolément. Vous pouvez ensuite refaire l’exercice en variant la température ou la filtration (standard vs premium) pour comprendre l’impact de ces paramètres.
Vodka et mixologie : grands classiques et créations contemporaines
Cocktails classiques à la vodka : moscow mule, vodka martini, cosmopolitan, bloody mary
En mixologie, la vodka est l’un des piliers des bars du monde entier. Le Moscow Mule associe vodka, ginger beer et citron vert, servi traditionnellement dans une tasse en cuivre, pour un long drink épicé et rafraîchissant. Le Vodka Martini, mélange de vodka et de vermouth sec, joue sur la pureté et la tension, avec une olive ou un zeste de citron. Le Cosmopolitan, popularisé dans les années 90, marie vodka citron, Cointreau, jus de cranberry et citron vert, pour un cocktail acidulé et très visuel. Le Bloody Mary, enfin, combine vodka, jus de tomate, épices et sauces diverses, exemplifiant l’usage de la vodka dans les cocktails salés, presque gastronomiques.
Paramétrage du moscow mule : choix de vodka, ginger beer, degré de dilution
Pour un Moscow Mule réussi, le choix de la vodka est déterminant. Une vodka de blé neutre laisse la vedette à la ginger beer, tandis qu’une vodka de seigle ajoute une dimension épicée complémentaire au gingembre. Le ratio classique est de 4 cl de vodka pour 10 à 12 cl de ginger beer, avec 1 à 2 cl de jus de citron vert frais. La gestion de la dilution passe par la quantité de glace : un verre bien rempli de gros glaçons fond moins vite et maintient le cocktail à la bonne température sans l’affadir. En jouant sur ces paramètres (type de vodka, marque de ginger beer, taille de glace), vous adaptez le profil du cocktail à votre clientèle ou à vos invités.
Twists modernes sur le vodka martini : dirty, dry, reverse et choix de vermouth
Le Vodka Martini se prête à une multitude de variations. Un Martini “dry” contient très peu de vermouth (parfois seulement un rinçage du verre), laissant la vodka occuper le devant de la scène. Un Martini “dirty” intègre un peu de saumure d’olive, ce qui renforce le caractère salin et appelle une vodka très pure pour garder l’équilibre. Un “reverse Martini” inverse les proportions, avec plus de vermouth que de vodka, pour un cocktail plus accessible en alcool. Le choix du vermouth (plus floral, plus amer, plus oxydatif) et de la garniture (olive, zeste, cornichon) permet d’adapter le cocktail à une vodka de blé neutre, de seigle corsée ou même à une vodka de raisin plus aromatique.
Utilisation de la vodka en mixologie low-ABV et highball aromatiques
La tendance aux cocktails low‑ABV (faible teneur en alcool) ne signifie pas la mise à l’écart de la vodka. Utilisée en faible dose dans des spritz, des highballs aromatiques ou des long drinks à base de thé, kombucha ou jus de légumes, elle apporte une structure alcoolique discrète sans saturer le palais. Par exemple, 2 cl de vodka de blé dans un long drink à base de thé vert infusé à froid, de sirop léger et d’eau gazeuse créent un cocktail très rafraîchissant autour de 6‑8 % vol. À l’inverse, pour les highballs plus corsés, une vodka de seigle ou de pomme de terre offre une belle colonne vertébrale alcoolique tout en restant plus neutre qu’un whisky ou un rhum.
Pairing cocktail & gastronomie : menus dégustation intégrant la vodka
De plus en plus de restaurants étoilés intègrent la vodka dans des menus dégustation. Un amuse‑bouche de caviar ou de tarama peut être accompagné d’un mini Moscow Mule sec, à base de vodka premium et de ginger beer peu sucrée. Un plat de poisson cru ou de ceviche se marie très bien avec un highball à la vodka, au concombre et au shiso, où l’alcool reste discret mais renforce l’aromatique végétale. En dessert, un sorbet citron‑vodka ou un granité à la vodka infusée aux herbes conclut le repas sur une note fraîche. En pensant la vodka comme un ingrédient de haute cuisine liquide plutôt que comme un simple alcool fort, vous ouvrez la voie à des accords d’une grande finesse.
